Depuis environ deux ans, le coup d’Etat comme mode de changement politique en Afrique fait un retour remarqué sur la scène internationale. Même si la période de 2008 à aujourd’hui n’en a vu réussir que quatre (Mauritanie, Madagascar, Guinée-Conakry, et tout récemment Niger) cet enchaînement a douché les optimistes qui voyaient les pratiques démocratiques s’installer solidement dans les sociétés africaines. Il est vrai que si l’on ajoute à ces changements “violents” les coups d’Etat “légaux” qui permettent à des chefs d’Etat de se maintenir au pouvoir à coup de modifications constitutionnelles, l’optimisme n’est plus de mise.
Bien entendu chacun de ces coups d’Etat est différent des autres car empreint d’un contexte forcément local. Il diffère aussi plus généralement par les motivations : révolte populaire contre un gouvernement jugé corrompu (Madagascar), lutte de clans (Mauritanie), opportunisme après la disparition d’un dirigeant autoritaire (Guinée-Conakry) … Mais tous ont été condamné par les instances internationales (certes avec plus ou moins de force selon l’organisation). Les positions prises par l’Union africaine lors de son dernier congrès, à l’initiative de son Secrétaire générale, Jean Ping, sont sans ambiguïté et vise à sanctionner tout régime arrivé au pouvoir par la violence. L’intention est certes louable, mais en agissant ainsi l’Union africaine, et plus généralement la communauté internationale, semble considérer qu’il faut briser cette malédiction qui freine l’émergence de sociétés démocratiques en Afrique. Mais dans le même temps on ne prend pas suffisamment en considération le caractère symptomatique de ces coups d’Etat. Dans bien des cas ils sont le signe de sociétés bloquées, dans lesquels le jeu démocratique est bloqué. Dès lors, si les compétitions électorales sont décrédibilisées en tant que moyen de gagner le pouvoir, la violence devient le seul recours. Le cas récent du Niger est intéressant à cet égard. Le coup d’Etat constitutionnel de Mamadou Tandja bloquait toute possibilité d’alternance jusqu’en 2012 au moins. Les condamnations molles de la communauté internationale n’ont pas constitué une pression suffisante sur le régime de Niamey. Comment s’étonner alors du soutien populaire dont bénéficie aujourd’hui les militaires putschistes. Quand les démocraties dites avancées demandaient depuis près d’un an au Président Tandja le retour à l’ordre constitutionnel précédent, les mutins ont mis une heure pour mettre un terme à ce régime. Pour autant, ce soutien populaire durera tant que la junte respectera ces engagements d’organisations d’élections libres …
Puisque c’est d’actualité, un
Dans une tribune publiée la semaine dernière dans le quotidien 
